Chemin de croix au cœur de Liège

Revivez le chemin de croix suivi par les Liégeois avec les textes d’Évangile et les commentaires de Mgr Delville.

 

Chers Frères et Sœurs,

Au long de ce chemin de croix nous allons évoquer les souffrances de Jésus, en les représentant par des images, par des textes, par l’imagination, par notre marche. Pourquoi reproduire aujourd’hui des souffrances d’il y a deux mille ans ? Parce que dire les souffrances contribue à les vivre, à les dépasser, à en être libérés. Regarder en face les souffrances de l’humanité nous fait entrer dans un chemin de solidarité et de communion. La foi chrétienne a parfois été accusée de dolorisme, parce qu’on valorisait la douleur. Mais en fait, la foi chrétienne possède, avec le judaïsme, les premiers documents au monde qui décrivent la souffrance d’un innocent, ce sont les évangiles et les psaumes. Décrire la souffrance est un progrès de l’humanité. C’est le premier pas pour en sortir. Et c’est pour cela que Jésus nous sauve de la souffrance : c’est parce qu’il affronte celle-ci chez chaque personne qu’il rencontre et il affronte celle-ci dans sa propre passion et sa mort. Alors mettons-nous à son écoute.

 

1. Saint-Pholien : Marc 14, 55-72

Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort, et ils n’en trouvaient pas.

De fait, beaucoup portaient de faux témoignages contre Jésus, et ces témoignages ne concordaient pas.

Quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage :

« Nous l’avons entendu dire : “Je détruirai ce sanctuaire fait de main d’homme, et en trois jours j’en rebâtirai un autre qui ne sera pas fait de main d’homme.” »

Et même sur ce point, leurs témoignages n’étaient pas concordants.

Alors s’étant levé, le grand prêtre, devant tous, interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? »

Mais lui gardait le silence et ne répondait rien. Le grand prêtre l’interrogea de nouveau : « Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? »

Jésus lui dit : « Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »

Alors, le grand prêtre déchire ses vêtements et dit : « Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?

Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ? » Tous prononcèrent qu’il méritait la mort.

Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, couvrirent son visage d’un voile, et le giflèrent, en disant : « Fais le prophète ! » Et les gardes lui donnèrent des coups.

Comme Pierre était en bas, dans la cour, arrive une des jeunes servantes du grand prêtre.

Elle voit Pierre qui se chauffe, le dévisage et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth ! »

Pierre le nia : « Je ne sais pas, je ne comprends pas de quoi tu parles. » Puis il sortit dans le vestibule, au dehors. Alors un coq chanta.

La servante, ayant vu Pierre, se mit de nouveau à dire à ceux qui se trouvaient là : « Celui-ci est l’un d’entre eux ! »

De nouveau, Pierre le niait. Peu après, ceux qui se trouvaient là lui disaient à leur tour : « Sûrement tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, tu es Galiléen. »

Alors il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme dont vous parlez. »

Et aussitôt, pour la seconde fois, un coq chanta. Alors Pierre se rappela cette parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois. » Et il fondit en larmes.

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Eglise Saint-Pholien (Mc 14, 55-72 : Jésus devant Caïphe)

Les souffrances sociales

Nous venons d’entendre comment Jésus a été condamné par un tribunal, qui se basait sur de faux témoignages, sur des témoins corrompus. C’est pourquoi je voudrais évoquer d’abord les souffrances de notre monde liées à la corruption et à la trahison. La corruption est une grande tentation ; partout dans le monde elle règne. Chacun est tenté de trouver des avantages financiers de manière un peu illégale ; chacun est tenté de demander des faveurs ou d’accorder des faveurs à des amis. C’est à cause de cela que Jésus a été trahi. Les faux témoins ont gagné de l’argent et ont donné des arguments au tribunal, pour que celui-ci condamne Jésus. Même son ami Pierre l’a trahi. Lui c’était surtout par peur, par peur d’être dévoilé et arrêté à son tour. Nous aussi il nous arrive d’avoir peur de dire la vérité, peur d’être mal vu, mal considéré. Ces peurs, ces corruptions, c’est un mal qui ronge la société. Ces peurs et ces trahisons, nous les vivons parfois même en Église, dans des moments de concurrence, d’ambition ou de prise de pouvoir. Reconnaissons ces souffrances qui sont provoquées par nos propres milieux de vie et de foi, comme les souffrances que Jésus a endurées de certains de ses compatriotes ou de certains de ses disciples.

Dans cet esprit d’humilité, prions le Seigneur.

Seigneur Jésus, nous te prions pour notre société. Qu’elle ne soit pas prise par la peur de dire la vérité ; qu’elle ne cède pas à la corruption. Nous te prions pour chacun d’entre nous. Accorde-nous la fidélité dans notre témoignage. Chasse les peurs qui assiègent nos vies. Libère-nous de l’indifférence, toi qui nous aimes pour les siècles des siècles.

 

  1. Perron : Marc 15, 1-15

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Dès le matin, les grands prêtres convoquèrent les anciens et les scribes, et tout le Conseil suprême. Puis, après avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate.

Celui-ci l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui le dis. »

Les grands prêtres multipliaient contre lui les accusations.

Pilate lui demanda à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi. »

Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate fut étonné.

À chaque fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu’ils demandaient.

Or, il y avait en prison un dénommé Barabbas, arrêté avec des émeutiers pour un meurtre qu’ils avaient commis lors de l’émeute.

La foule monta donc chez Pilate, et se mit à demander ce qu’il leur accordait d’habitude.

Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »

Il se rendait bien compte que c’était par jalousie que les grands prêtres l’avaient livré.

Ces derniers soulevèrent la foule pour qu’il leur relâche plutôt Barabbas.

Et comme Pilate reprenait : « Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs ? », de nouveau ils crièrent : « Crucifie-le ! »

Pilate leur disait : « Qu’a-t-il donc fait de mal ? » Mais ils crièrent encore plus fort : « Crucifie-le ! »

Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu’il soit crucifié.

 

  1. Perron (Marc 15, 1-15) : Jésus devant Pilate

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Les souffrances de la ville

Ici devant le Perron liégeois, au cœur de notre ville, je voudrais évoquer les souffrances qui accablent les habitants. À commencer par les souffrances provenant de la pauvreté. Beaucoup de Liégeois vivent au seuil de la pauvreté ou dans la pauvreté. La manifestation contre l’austérité ce mercredi l’a bien fait sentir. Ce sont les souffrances vécues en ville, souvent en cachette. L’anonymat de la ville nous entraîne à être indifférents aux autres, à les regarder de loin. Nous pensons à notre confort, mais pas trop au confort des autres. Nous risquons d’être comme Ponce-Pilate qui s’est lavé les mains. Nous risquons d’être comme la foule qui crie : Relâche-nous Barabbas ! Nous risquons d’être entrainés à des jugements téméraires, à des mépris de type raciste. En ces moments où nous craignons des attentats terroristes, nous risquons aussi de stigmatiser les musulmans. Reconnaissons ces souffrances qui sont provoquées par le milieu de la ville et de notre société, comme celles que Jésus a endurées de la part de ses proches.

Dans cet esprit de confiance en l’autre, prions le Seigneur.

Seigneur Jésus, nous te prions pour notre ville. Qu’elle ne soit pas victime des marginalisations et des pauvretés sociales. Qu’elle vive la solidarité et l’attention à l’autre. Que nous sachions nous engager dans des groupes de solidarité. Nous te prions pour chacun d’entre nous. Ouvre nos cœurs à l’autre qui est différent de moi, par sa race ou sa religion. Ouvre nos cœurs à la reconnaissance, toi qui vis pour les siècles des siècles.

 

  1. Dalle Saint-Lambert : Marc 15, 16-26


Les soldats emmenèrent Jésus à l’intérieur du palais, c’est-à-dire dans le Prétoire. Alors ils rassemblent toute la garde, ils le revêtent de pourpre, et lui posent sur la tête une couronne d’épines qu’ils ont tressée.

Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant : « Salut, roi des Juifs ! »

Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.

Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau de pourpre, et lui remirent ses vêtements. Puis, de là, ils l’emmènent pour le crucifier, et ils réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs.

Et ils amènent Jésus au lieu-dit Golgotha, ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire).

Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas.

Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun.

C’était la troisième heure (c’est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu’on le crucifia.

L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : « Le roi des Juifs ».

 

  1. Dalle Saint-Lambert (Marc 15, 16-26) : Jésus conduit au Calvaire

La violence des guerres

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Sur cette Place S.-Lambert, nous commémorons le massacre qui a eu lieu le 15 décembre 2011. La violence aveugle a frappé et fait quatre victimes en plus du terroriste. Depuis lors la violence aveugle a frappé aussi à Paris le 7 janvier 2015 et à Verviers le 14 janvier. A beaucoup d’endroits dans notre monde des innocents sont frappés par la violence, spécialement au Moyen Orient, en Irak et en Syrie. Mais aussi en Afrique : au Yemen, en Lybie, en Somalie, au Nigeria. L’aveuglement de la violence humaine conduit à la mort ; de même Jésus a été conduit au Golgotha par violence pour y être crucifié. Au Moyen Orient les chrétiens sont particulièrement victimes de cette violence et son visés par des fanatiques. Cette atrocité des guerres fait perdre la confiance en la paix. Mais il est un espoir, malgré les conflits. Des personnes restent pures et sont artisans de paix. Pensons à ce Simon de Cyrène qui aide Jésus à porter sa croix. L’évangéliste Marc rappelle une détail étonnant : Simon est le père d’Alexandre et de Rufus. C’est un clin d’œil à la communauté chrétienne qui lit l’évangile de Marc, sans doute dans la ville de Rome, et qui connaît ces deux frères, Alexandre et Rufus. Ils sont le symbole que la vie et la communauté chrétienne ont résisté à la mort de Jésus et ont cru en sa résurrection. De même, à notre tour, soyons des témoins de paix et des artisans de réconciliation dans notre monde marqué par les guerres. Sachons faire des pas dans le sens de la paix et de la réconciliation. Ne cédons pas aux discours simplificateurs qui accusent à tort et à travers ; mais portons dans la confiance ceux qui travaillent à la paix.

Dans cet esprit de réconciliation, prions le Seigneur.

Seigneur Jésus, nous te prions pour notre monde, sujet à beaucoup de violence et de guerres. Partout s’ouvrent de nouveaux Golgotha. Nous te prions spécialement pour les victimes de ces conflits, et particulièrement pour nos frères les chrétiens d’Orient. Nous te prions pour les victimes innocentes quelle que soit leur religion. Nous te prions pour les fanatiques, afin qu’ils découvrent les valeurs de l’humanité. Nous te prions pour chacun d’entre nous. Fais de nous les témoins de la résurrection, comme Alexandre et Rufus, dont le papa avait porté la croix de Jésus. De son geste d’aide momentanée et commandée, est née une conversion à la paix et une espérance pour le futur. Fais de nous des artisans de paix, à travers la fragilité de nos vies, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.

 

  1. Opéra : Marc 15, 27-39
    Avec lui ils crucifient deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.

Les passants l’injuriaient en hochant la tête : ils disaient : « Hé ! toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,

sauve-toi toi-même, descends de la croix ! »

De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes, en disant entre eux : « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même !

Qu’il descende maintenant de la croix, le Christ, le roi d’Israël ; alors nous verrons et nous croirons. » Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient.

Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure.

Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Voilà qu’il appelle le prophète Élie ! »

L’un d’eux courut tremper une éponge dans une boisson vinaigrée, il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire, en disant : « Attendez ! Nous verrons bien si Élie vient le descendre de là ! »

Mais Jésus, poussant un grand cri, expira.

Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas.

Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

 

  1. Opéra (Marc 15, 27-39) : mort de Jésus

Les souffrances personnelles

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Jésus meurt sur le Calvaire, après avoir été injurié sans pitié par les passants. Comme l’être humain peut être abject et insensible ! Comme son esprit peut être perverti ! Nous contemplons ici les souffrances atroces de Jésus sur la croix. Nous voudrions évoquer en parallèle les souffrances des malades dans les hôpitaux ou dans leur maison. Combien doivent trainer une maladie pénible, longue, parfois incurable. Combien désespèrent et se sentent isolés, comme Jésus sur la Croix. Portons-les dans la prière et soyons prêts à faire un pas pour visiter ceux qui sont immobilisés par la maladie. Nous pensons aussi à toutes les souffrances psychiques que l’être humain peut endurer : les souffrances affectives liées aux séparations ; les souffrances liées à la dépression ; les souffrances entrainées par les situations de mépris et d’oppression ; les souffrances vécues par les femmes violées, spécialement au cœur des guerres, par les enfants victimes de sévices et d’abus ; par les blessés de la vie, qui parfois deviennent blessants pour les autres. Nous découvrons enfin l’abîme de la mort, spécialement la mort injuste de Jésus. Et nous pensons à tous ceux qui sont proches de la mort. Au cœur de ces souffrances et face à cette mort implacable, Jésus a une parole étrange : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Serait-ce la fin de la foi en Dieu ? Serait-ce le désespoir total ? En fait Jésus récite le psaume 21, qui commence par ces mots de désespoir, mais qui se termine pas des mots d’espérance et de foi : « Le Seigneur n’a pas rejeté, il n’a pas réprouvé le malheureux dans sa misère (…). On annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître » (Ps 21,25.31-32).

Dans cet esprit d’espérance, prions le Seigneur

Seigneur, regarde notre misère et nos peines, regarde nos souffrances physiques et psychiques. Nous te prions pour tous ceux qui en sont accablés. Regarde ceux qui en souffrent, guéris-les, console-les, soulage-les. Suscite des amitiés et des démarches de guérison auprès des malades. Délivre-nous de la mort éternelle et accompagne chacun de ceux qui doivent faire bientôt le grand passage. Nous te prions pour chacun d’entre nous. Que nous soyons remplis de ton esprit de guérison, de consolation et d’amour, même dans les situations qui paraissent désespérées. Ainsi comme dit le ps 21, « on proclamera ta justice au peuple qui va naître ». Fais de nous un peuple nouveau qui va naître au pied de la croix. Et comme le centurion romain, un païen de souche et un militaire convaincu, nous pourrons être bouleversés par ta grâce et dire : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

  1. Vierge de Delcour : Marc 15, 40-47

    Il y avait aussi des femmes, qui observaient de loin, et parmi elles, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé,

qui suivaient Jésus et le servaient quand il était en Galilée, et encore beaucoup d’autres, qui étaient montées avec lui à Jérusalem.

Déjà il se faisait tard ; or, comme c’était le jour de la Préparation, qui précède le sabbat, Joseph d’Arimathie intervint. C’était un homme influent, membre du Conseil, et il attendait lui aussi le règne de Dieu. Il eut l’audace d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus.

Pilate s’étonna qu’il soit déjà mort ; il fit appeler le centurion, et l’interrogea pour savoir si Jésus était mort depuis longtemps.

Sur le rapport du centurion, il permit à Joseph de prendre le corps.

Alors Joseph acheta un linceul, il descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans un tombeau qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau.

Or, Marie Madeleine et Marie, mère de José, observaient l’endroit où on l’avait mis.

 

  1. Vierge Delcour (Marc 15, 40-47)
    La communauté qui vit la compassion11084240_898112703565594_5617492572778436502_n

Au pied de la fontaine de la Vierge de Delcour, nous nous trouvons au pied de Marie. La voilà ici dans sa gloire et dans sa joie. Mais Marie était aussi au pied de la croix. On y découvre également trois autres femmes : Marie Madeleine ; Marie, mère de Jacques le Petit et de José ; et Salomé. Elles avaient suivi Jésus sur ce chemin de souffrance, comme nous aujourd’hui. Elles avaient aussi suivi Jésus depuis la Galilée, durant sa vie publique. Nous aussi suivons Jésus dans notre vie quotidienne. Elles ont de l’audace et de l’affection. C’est aussi le cas d’un homme, Joseph d’Arimathie, membre du Conseil, qui attendait le règne de Dieu, venu à travers Jésus. Il eut l’audace d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Toutes ces personnes sont audacieuses et fidèles. Elles n’ont pas voulu baisser les bras, elles n’ont pas abandonné la partie. Elles ensevelissent le corps de Jésus et le posent dans un tombeau. Elles continuent à regarder, à observer, à être à l’affût. C’est pourquoi l’évangéliste Marc nous dit : « Marie Madeleine et Marie, mère de José, observaient l’endroit où on l’avait mis ». Le regard va déboucher sur la vision. Celles qui ont accompagné Jésus jusqu’au bout seront les premières qui le verront remis debout, c’est-à-dire ressuscité. Le regard est le prélude à la foi. En regardant, on ouvre son cœur à l’inattendu et à la grâce. Ces femmes et ces hommes nous sont connus par leur nom. Ce sont les premiers chrétiens, les premiers à croire en Jésus ressuscité et vivant. Ils incarnent la compassion, c’est-à-dire le « souffrir avec ». Ils incarnent la sympathie, ce qui veut dire aussi « souffrir avec » ; ils incarnent la miséricorde, c’est-à-dire le grand cœur, cette vertu dont le pape François ne cesse de dire la valeur, au point qu’il nous a annoncé une année sainte de la miséricorde, à partir du 8 décembre 2015, fête de l’immaculée Conception de Marie. Marie nous précède donc comme première de la Communauté chrétienne.

 

Dans cette foi, prions le Seigneur.

Seigneur Jésus, aux derniers moments de ta vie, tu as été entouré de tes plus fidèles disciples, surtout des femmes, et en particulier de Marie. Si les uns avaient fui, les autres sont restés. Un jour tous se retrouveront dans la miséricorde et le pardon. Les saintes femmes à la croix nous ont laissé le témoignage de la compassion et de la sympathie. Face à la mort et face à la souffrance, le dernier mot n’a pas été dit. Le tombeau ne sera pas la fin de tout. Le regard des femmes et celui de ta mère nous ouvrent les portes d’un au-delà de la mort. Aide chacun d’entre nous à porter sur le monde ce regard d’amour, de miséricorde et de compassion, afin que nous soyons tous témoins de ta résurrection, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles.

 

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Un commentaire sur “Chemin de croix au cœur de Liège

  1. merci, monseigneur Jean-Pierre.m.et a fontaine à Spa

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