Communiqué à la Communauté juive, suite au massacre perpétré à l’Hyper cacher de Paris

Après la tragédie de la Porte de Vincennes à Paris, où quatre personnes ont trouvé la mort à l’Hyper Cacher ce 9 janvier 2015, je tiens à présenter mes condoléances à la Communauté juive de Liège, en mon nom et en celui de toute l’Église de Liège. Cette tragédie sans nom et cette violence aveugle manifestent une haine intolérable et trahissent toutes les valeurs religieuses et civiles. C’est pourquoi, avec les chrétiens catholiques du diocèse de Liège,  je prie pour les victimes et je m’unis à la souffrance de leurs proches. Comme chrétiens, nous pensons que seul le dialogue permettra de désamorcer les tensions de notre monde et de mettre fin aux guerres, sources d’un terrorisme qui s’exporte partout. Nos prières vont dans ce sens et nous donnent l’occasion de resserrer les liens entre croyants, ainsi qu’avec toute personne de bonne volonté.

 

Liège, 10 janvier 2015

+ Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

La réponse publique : «Je suis Charlie»

La logique de « Je suis Charlie »téléchargement (1)

Pourquoi se reconnaît-on à ce slogan, même si on ne partage pas nécessairement les idées de Charlie-Hebdo ? « Charles » ou « Charlie » est un nom identitaire de la France. C’est le nom de son premier roi Charles Ier, qui n’est autre que Charlemagne. « Charles » est un nom germanique, « Karl », car Charlemagne et toute la dynastie des rois carolingiens est germanique, elle est de la tribu des Francs. Ce sont les Francs, entrés en Gaulle dès le 4e siècle, qui vont transformer les Gaulois en « Français », c’est-à-dire « Francs ». L’identité française est donc plurielle : elle est la fusion de la culture germanique avec la culture gauloise, d’origine latine et celte. Cette fusion s’est faite grâce à l’influence du christianisme, qui a beaucoup inspiré Charlemagne. Dire « Je suis Charlie » reflète cette expérience millénaire de rencontre des cultures germanique et latine ; c’est le reflet d’une culture plurielle.

La logique des frères Kouachi et du wahhabisme

Face à cela, l’Islam revendiqué par les terroristes est un ersatz d’Islam. Il s’agit du courant wahhabite, qui est une reconstitution fictive de l’Islam médiéval, simplifié à l’extrême et réduit à certaines lois codifiées dans la sharia. C’est un Islam de combat, destiné à s’opposer au pluralisme et au matérialisme de la culture mondiale actuelle. Il s’agit d’une culture de revanche face aux humiliations subies par l’Islam suite à la chute de l’Empire ottoman en Turquie (1918) et à la perte de toutes ses possessions européennes (les Balkans), suite aussi aux oppressions engendrées par les colonisateurs anglais et français sur les régions musulmanes historiques (Pakistan, Syrie, Irak ; Algérie, Tunisie). Cette identité devient un véritable fascisme, comme l’a montré le P. Emilio Platti dans Tertio (décembre 2014). Ici il s’agirait d’une inspiration de la branche yéménite d’Al-Qaïda.

La nécessité du dialogue et de la liberté d’expression

Cette opposition entre une identité plurielle et une identité fermée a provoqué l’attentat du 7 janvier. La réaction « Je suis Charlie » manifeste la conscience de l’importance d’une identité ouverte, dans notre monde actuel. Pareille identité entraîne la nécessité d’un dialogue. C’est ce que voulaient provoque les journalistes de Charlie-Hebdo par leur liberté d’expression. Elle demande un surplus d’engagement. Le monde musulman a compris l’importance de ce dialogue ; un iman du Hezbollah a dit très clairement ce vendredi 9 janvier : « Les djihadistes de Paris ont fait bien plus de tort à l’Islam que les caricatures de Mahommed parues dans Charlie-Hebdo ».

Le rôle des guerres dans la diffusion du terrorisme

Inversement les guerres qui s’éternisent dans le monde, comme en Syrie et en Irak, produisent des guerriers qui, revenus dans leur pays, ont tendance à continuer à agir comme guerriers. Ils sont autant de bombes à retardement. Pour endiguer le phénomène, il faut avancer dans le dialogue et arrêter la guerre. Pour arrêter la guerre en Syrie, il faut mettre la Russie dans le coup, car c’est elle qui détient les clés de la solution ; c’est elle qui tient au gouvernement de Bachar El-Assad parce qu’il protège la flotte russe dans les ports syriens. On doit donc éviter de diaboliser constamment la Russie et son régime, si on veut avancer vers la paix. Une voie ouverte est de commencer par la pacification d’Alep. Cette grande métropole culturelle est habituée au dialogue interreligieux. Mais elle est disputée entre les deux partis, le régime syrien et le Daech des djihadistes. Sa pacification serait un pas exemplatif. L’ONU s’y attèle, à l’initiative de de la Communauté S. Egidio. Tout ceci exige de dépasser des a priori faciles.

L’enchaînement : l’attentat anti-juif de la Porte de Vincennes et celui de Maiduguri au Nigéria

Samedi 9 janvier, s’est ajouté l’attenta commis pas Coulibaly contre l’Hyper Cacher, magasin juif de Paris, à la Porte de Vincennes. Il est significatif de cette volonté d’exclusivisme du mouvement djihadiste. On apprend au même moment qu’une bombe a tué 19 personnes au Nigéria, sur le marché de Maiduguri, ce 10 janvier. Elle manifeste une action de Boko Haram, le mouvement terroriste qui attaque la population nigériane. L’attaque a fait plus de morts que celle de Paris, mais bien moins de bruit. Elle est bien moins médiatisée. Mais elle relève de la même logique.

La piste du dialogue interreligieux et de l’évangile

C’est pourquoi face à ces périls, seul le chemin du dialogue entre les religions et les convictions, dans le cadre d’une société plurielle et respectueuse de l’autre est porteur d’avenir. Le rôle des chrétiens est fondamental, car leur habitude à vivre un idéal de foi dans le cadre d’une pluralité du message originel (les deux testaments, les quatre évangiles) leur permet de diffuser la logique de l’amour dans le respect mutuel.

Jean-Pierre Delville

Evêque de Liège

La tragédie de Charlie Hebdo

 Communiqué de l’Evêque de Liège et de l’Union des mosquées de la Province de Liège

Nous voulons exprimer toute notre horreur face au terrible attentat perpétré contre les membres de la réd action du périodique de presse Charlie Hebdo à Paris. Nous présentons nos condoléances émues aux familles des douze victimes. Nos pensées vont aussi vers les personnes blessées, dont certaines très gravement. En agissant de la sorte, les auteurs de cet attentat trahissent les valeurs de l’évangile, de l’islam et des droits de l’homme, en particulier le droit à la vie et à la liberté d’expression.

Nous dénonçons pareille trahison et nous appelons chacun à se mobiliser pour le vivre ensemble, dans le respect mutuel et la paix, dans la ville de Liège et toute la Province.

Liège, 8 janvier 2015

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Ali Gounain, Président de l’Union des mosquées de la Province de Liège

Hommage à la Reine Fabiola

La Reine Fabiola est décédée ce 5 décembre 2014.

C’est une grande personnalité qui nous a quittés.

Elle a consacré sa vie au roi Baudouin et à tous les Belges. Elle était attentive à la situation des plus pauvres dans notre monde et en notre pays; elle intervenait en leur faveur et s’engageait personnellement.

Elle savait valoriser les talents de chacun, spécialement au niveau culturel et musical par son soutien au Concours Reine Elisabeth.

Elle avait une grande sensibilité évangélique et témoignait de sa foi.

Elle manifestait son affection à tous ceux qu’elle rencontrait.

Elle a éclairé de son sourire la vie des Belges et communiquait sa joie de vivre.

Je présente toutes mes condoléances au Roi Philippe et à toute la famille royale.

Je rends grâce pour la vie de cette grande dame.

 

+ Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

 

Les chrétiens et les médias

A l’occasion de sa visite pour l’anniversaire de l’émission « Glaube und Kirche », Mgr Delville est revenu sur l’importance pour lui de la comunication au sein de la communauté chrétienne et notamment au sein de notre diocèse.

« Wir leben in einem medialen Zeitalter! Les médias sont diversifiés. Il y a la presse écrite, la presse générale et la presse régionale ; il y a la presse locale des paroisses. Il y a la radio et la TV. Il y a aussi internet, les sites et les e-mails, et les réseaux comme Facebook ou Twitter. Comment être présents comme chrétiens dans ces médias ?

Notre foi nous pousse à être médiatiques. Nous avons reçu une « bonne nouvelle », un « évangile ». Donc cela doit être communiqué. Jésus communiquait cette bonne nouvelle, en public, dans les lieux de culte, mais aussi sur les places et les routes. Avec la Pentecôte, les disciples de Jésus sont sortis de leurs quatre murs et ont annoncé l’évangile, à Jérusalem d’abord, puis dans les environs, puis dans les pays voisins, puis les régions lointaines, comme l’inde, la Germanie, la Grande Bretagne, l’Espagne, l’Afrique…

Ils ont écrit leur message, comme les évangiles, les lettres, les Actes des Apôtres, réunis dans le Nouveau Testament. Puis une nouvelle génération a pris le relais, on les appelle les pères de l’Église. Un des plus connus est Jean Chrysostome, un nom qui veut dire « bouche d’or », tellement il parlait bien et avait une parole de feu !

Les chrétiens ont très vite communiqué aussi par des images : pensez aux fresques dans les catacombes de Rome. Au 6e siècle, certains chrétiens ont reproché aux autres de faire trop de peintures, trop d’icônes, représentant le Christ, Marie ou les saints. Ils les ont détruites : ce sont les iconoclastes. Mais un concile a condamné les iconoclastes, c’est le Concile de Nicée II, en 787. Il a permis qu’on représente les personnages et les scènes de la foi chrétienne. La peinture et la sculpture sont un média important : regardez dans nos églises le soin qu’on a mis à avoir de belles peintures, sculptures ou vitraux. Tout cela ce sont des médias. En représentant de manière diversifiée les éléments de la foi, ils nous obligent à les regarder pour les comprendre et à les interpréter de manière personnelle.

Aujourd’hui, dans le cadre des médias actuels, notre communication doit être double. Elle doit communiquer le vécu de l’évangile et le diffuser pour développer la foi dans le monde : c’est la communivcation explicite. Elle doit aussi recevoir les informations que la société nous envoie et y réagir avec un regard chrétien : c’est la comunication chrétienne implicite.

Le premier type de communication suppose qu’on transmette des informations intéressantes qui touchent au contenu de la foi. Ce peuvent être des interprétations de l’évangile, des transmissions de célébrations religieuses, des témoignages de foi, des événements religieux qui sont fêtés en paroisse ou ailleurs, des conférences ou des débats sur un sujet. Ces sujets peuvent être soit locaux, soit universels. Ce qui est local frappe immédiatement, car cela concerne notre vie quotidienne. Dans un diocèse, l’évêque produit un information locale, en s’exprimant, en se déplaçant en célébrant, en prenant des mesures. De même, ses adjoints suscitent des informations par des initiatives dans leur matière, par exemple sur la famille, l’école, la catéchèse, la vie religieuse ou vie consacrée, etc. Les paroisses produisent de l’information par leurs initiatives, leurs activités, leurs fêtes, leurs groupes de rencontre divers. Mais la communication a aussi une portée universelle. Elle touche le pape François, par exemple, et concerne l’Église universelle, qui nous interpelle beaucoup à l’heure actuelle. On ne vit pas sa foi en cadre clos. On la vit en s’inspirant de ce qui se vit ailleurs. Cet aspect de communication de la foi doit être soigné. Il peut comprendre des points de vue parfois différents qui entrent en débat. Il s’agit de faire comprendre que la foi chrétienne n’est pas une attitude dépassée et vieillotte, qu’elle touche aux grandes questions de la vie et donne une orientation qui porte le bonheur. Cette communication qui part de la foi chrétienne est d’abord véhiculée par des médias internes à l’Église : par exemple, le site interdiocésain Catho.be et son service de presse quotidien Info.Catho ; le journal Dimanche et le Kirchenzeitung ; le périodique Eglise de Liège. Bimestriel diocésain. Zeitschrift des Bistums Lüttich et le site internet Diocèse de Liège. Bistum Lüttich. Puis cette communication débouche dans des médias généraux comme la BRF avec l’émission Glaube und Kirche, et la RTBF avec son émission Il était une foi. Parfois elle touche aussi les médias généraux, mais souvent uniquement lorsque l’information fait sensation. Sinon elle est laissée de côté. En ce sens, il faut aussi savoir soigner la communication de nos événements exceptionnels, afin qu’ils soient bien présentés dans les médias. Il faut prévoir qui les présente et comment il les présente. Souvent les médias ne retiennent que quelques secondes de transmission. Quand on est interviewé, il faut donc cibler l’essentiel, parfois en une seule phrase ! Il faut toujours dire d’abord ce qui est important et qu’on a envie de transmettre, et ne pas se laisser piéger par les questions qui vous entrainent ailleurs.

Le second volet de la communication est la réaction chrétienne face aux événements du monde et face à l’info générale et aux événements culturels : je parle ici de commuication chrétienne implicite. En effet la foi chrétienne n’est pas limitée à son monde religieux et à son langage religieux. Elle donne une interprétation sur le vécu du monde et propose une réflexion sur ce qui nous entoure. Il peut s’agir de la famille, de la politique, des affaires sociales, de la paix dans le monde, de l’écologie, du cinéma, d’événements culturels, de découvertes scientifiques… Dans tous ces éléments une réaction inspirée par l’évangile est importante. Elle pourra se faire de manière prévue, par exemple sur Glaube und Kirche. Ou de manière imprévue sur un média général, le jour où on est interpellé, ou le jour où l’on a envie de se manifester. Cela demande des compétences ; cela demande donc aux informateurs chrétiens d’avoir une réserve de noms de personnes qu’on peut consulter sur tel ou tel sujet et qu’on peut renseigner. Ainsi la foi sort des églises et s’intéresse au monde, comme l’a rappelé le pape François. La foi chrétienne permettra de donner la parole à des personnes qui sont peut-être marginales ou pauvres. Elle donnera un éclairage qui n’est pas commercial ou qui n’est pas habituel. Elle va produire une certain décalage par rapport aux a priori des gens. Cela implique une entrée en débat et en dialogue avec la réalité du terrain, pour faire de l’Eglise un partenaire de débats. L’objectif est de sortir des églises et comme citoyens, d’être présents dans la société et dans le monde de l’information.

Dans notre diocèse de Liège, le Service de presse et de communication est emménagé au 40, rue des Prémontrés à Liège et est dirigé par Mme Catherine Jamoulle. On peut toujours s’adresser à elle pour des informations ou des conseils.

Elle réalise le périodique Eglise de Liège, qui est d’abord un outil de communication de l’information que nous produisons comme Église locale. Elle dirige aussi plusieurs émissions sur RCF (Radio chrétienne francophone), qui est à la fois une radio de communication de l’information chrétienne et une radio grand public qui diffuse un esprit chrétien à travers des émissions générales : Catherine Jamoulle réalise l’entretien mensuel avec l’évêque et l’émission de délassement « C’est l’heure du goûter », qui permet d’inviter chaque jour une personne différente.

En conclusion, on voit combien il est utile d’avoir une politique des médias dans un diocèse. Car les mentalités changent, les gens ont besoin d’information de qualité pour les éclairer. Nous pouvons donc être des témoins de l’évangile de manière explicite, par notre information religieuse, et de manière implicite par nos compétences et par notre attitude de foi. »

Jean-Pierre Delville, évêque de Liège

Veillée intense de prière pour les Chrétiens et toutes les victimes de la guerre du Moyen-Orient à la collégiale Sainte-Croix !

La veillée de prière œcuménique pour les victimes de la guerre au Moyen-Orient, en particulier les chrétiens orientaux, a eu lieu à Liège le vendredi 24 octobre 2014, à la collégiale Sainte-Croix à Liège, patrimoine exceptionnel de Wallonie, reconnu « monument en danger » par le World Monuments fund de New-York. Compte rendu d’une soirée exceptionnelle à lire ci-dessous. Un premier pas important dans la direction souhaitée par Mgr Delville en concertation avec les différents responsables religieux, de faire de cette collégiale un lieu privilégié à l’oecuménisme.

Malgré son problème d’humidité, qui attaque le ciment et produit des dépôts de salpêtre sur les pierres du côté nord, l’église était féerique vendredi, à la lumière des lumignons disposés dans la nef et sur l’autel.

Pour cette soirée, le lieu était symbolique a un double titre : des fidèles de toutes confessions chrétiennes se retrouvaient dans une église dédiée à la Sainte Croix par l’évêque Notger vers 980; l’édifice manifeste donc la souffrance du Christ sur la croix et renvoie aux souffrances du monde actuel, en particulier les souffrances subies pour des raisons de violence aveugle ; c’était particulièrement émouvant de prier pour les chrétiens et les autres victimes de la guerre au Moyen-Orient au pied de la grande croix du Christ, qui domine la nef de l’église. Ensuite, selon un projet de la Concertation œcuménique de Liège, cette église devrait, outre son utilisation culturelle, être dédiée à l’unité des chrétiens et avoir ainsi une vocation œcuménique, en étant ouverte aux initiatives des différentes Églises chrétiennes. La veillée de prière de ce vendredi 24 octobre était la première entreprise de ce genre à se dérouler dans cette église.

Guidée par le père Guy Fontaine, prêtre orthodoxe russe du patriarcat œcuménique de Constantinople, ancien journaliste de la RTBF et toujours en verve, la veillée a commencé par une introduction de musique syriaque au ton lancinant, interprétée par Fikri Gabriel au synthétiseur. Le pasteur Vincent Tonnon, surintendant de l’Eglise protestante unie de Belgique pour la province de Liège, a prononcé la prière d’ouverture. La Commuanuté du Chemin Neuf, spécialisée en matière d’œcuménisme, a chanté le psaume 84(85), avec la phrase célèbre : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ». Le prêtre anglican Paul Yiend, a entonné avec sa commuanuté le gospel, The Servant prayer, La prière su serviteur, avec les mots : « In the night time of your fear, I will speak the peace you long to hear » (« Dans la nuit de ta peur, je veux dire les mots de paix que tu attends d’entendre »).

Souffrances indicibles et espérance de paix

L’assemblée a écouté ensuite le témoignage du prêtre syrien catholique, Manhal Bolos, sur la situation actuelle de la Syrie, d’où il est à peine revenu : souffrances indicibles et espérance de paix, dans un pays autrefois connu pour sa qualité de convivence. Nicole Ingenbleek, catholique, a lu un passage de la lettre de l’apôtre Paul aux Romains : « Frères, qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, les dangers ou la mort ?  Oui, j’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ, notre Seigneur ».

La Communauté S. Egidio a alors entonné le chant « Nous portons ce trésor dans des vases d’argile » et son responsable, François Delooz, a replacé la veillée dans la ligne de la prière pour la paix lancée par le pape Jean-Paul II à Assise en 1986 et reprise chaque année par la Communauté S. Egidio.

Après la prière faite par le pope orthodoxe grec, Nikolaos Palamianakis, le chœur syriaque a entonné l’Alleluia puis le chorévêque Daniel Zaino a chanté l’évangile des béatitudes (Matthieu 5,3-11) selon le rite syriaque, en langue araméenne, la langue même de Jésus, avec une voix profonde et émouvante. L’évangile a été repris ensuite en français par le diacre Luc Mahiels, selon la mélodie byzantine. Le chorévêque a chanté alors le chant des martyrs en araméen. L’évêque de Liège, Jean-Pierre Delville, promoteur de l’initiative de la veillée, a évoqué le Christ en croix, regroupant l’humanité en une famille nouvelle, comme il l’a fait en donnant à Marie Jean pour fils, et en donnant à Jean Marie pour mère (Jean 19,27).

Une veillée intense, centrée sur nos frères souffrants d’Orient

On a pu entendre ensuite une courte interview du primat de l’Église orthodoxe syriaque, Ignace Ephrem II, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, interview réalisée et présentée par le sous-diacre Fikri Gabriel en septembre, et dans laquelle le patriarche demande que la ville de Ninive et sa région puissent être confiées aux chrétiens syriaques sous la surveillance des Nations-Unies.

Après le chant du Notre Père selon la mélodie russe de Rimsky Korsakov, la veillée s’est achevée et le participants ont pu déguster une excellente soupe aux potirons préparée la Conseil de fabrique de l’église. La publicité et l’organisation matérielle avaient été préparées par le groupe de la pastorale urbaine sous la direction du chanoine Eric de Beukelaer.

« Ce fut une veillée intense et variée centrée sur nos frères souffrants en Orient. » Et Monseigneur Jean-Pierre Delville de conclure : « Elle a inaugué d’une manière convainquante la vocation œcuménique de l’église Sainte-Croix. »

 

Fête de Saint-Lambert

« Saint Lambert est le patron du diocèse. Sa fête est l’occasion de nous retrouver et de prier pour notre diocèse au début de l’année pastorale. C’est pourquoi je vous invite à la célébration qui aura lieu à cette occasion en la cathédrale le mercredi 17 septembre 2014 à 18 heures. Ce sera pour moi l’occasion de présider l’eucharistie aux intentions du diocèse en ce début d’année pastorale. Ce sera aussi le bon moment pour présenter et bénir le Conseil épiscopal renouvelé.

 En espérant vous retrouver à cette occasion, je vous envoie l’expression de mes sentiments les meilleurs et mes vœux de bon démarrage pour l’année pastorale 2014-2015. »

 + Jean-Pierre Delville, votre évêque

 

« Der Heilige Lambertus ist der Schutzpatron des Bistums. Sein Fest bietet die Gelegenheit, uns zu Beginn des Pastoraljahres zu versammeln und für unser Bistum zu beten.

Aus diesem Anlass möchte ich Sie zur Eucharistiefeier einladen,welcheam Mittwoch, dem 17. September 2014, um 18.00 Uhr in der Kathedrale stattfinden wird. Dies wird für mich die Gelegenheit sein, der Eucharistie vorzusitzen, die dem Bistum zu Beginn dieses Pastoraljahres gewidmet ist. Gleichzeitig ist es ein guter Zeitpunkt, um den erneuerten Bischofsrat vorzustellen und zu segnen.

Ich hoffe, Siedort begrüßen zu dürfen, und sende Ihnen meine besten Grüße und guten Wünsche für den Start in das Pastoraljahr 2014-2015. »

Jean-Pierre Delville, Ihr Bischof

Relique de Saint-Lambert (Trésor de la Cathédrale)

Relique de Saint-Lambert (Trésor de la Cathédrale)